La chaîne de valeur des dispositifs et méthodes d’analyse d’impact
Dans notre dernier article, nous avons listé plusieurs catégories de dispositifs et méthodes d’analyse d’impact, ainsi que des exemples de dispositifs et méthodes correspondant. La difficulté de cette approche sous forme de liste, c’est qu’elle ne donne pas de sens particulier à chacune des catégories. Comment s’articulent-elles entre elles ? Faut-il les utiliser dans un certain ordre ? Lesquelles correspondent à mon besoin ? Cet article a donc pour objectif de répondre à ces questions en proposant une grille de lecture de ces catégories.
Cette grille de lecture est décrite dans le schéma ci-dessous :

Ce schéma propose une grille de lecture en plusieurs niveaux, du plus détaillé au plus générique, représentant ainsi une sorte de chaîne de valeur des catégories de dispositifs et méthodes d’analyse d’impact.
Le premier niveau regroupe les dispositifs et méthodes destinés à la mesure des unités d’impact. On y retrouve par exemple les bases de facteurs d’émissions, les autres bases d’indicateurs unitaires, ainsi que les référentiels réglementaires. Tous ces outils fournissent les éléments de base de l’analyse d’impact.
Sur cette base, on peut ensuite construire l’analyse d’impact des produits et services. Nous rangeons dans cette catégorie les indicateurs de l’économie circulaire, qui reposent principalement sur l’analyse du cycle de vie des produits.
Le niveau suivant est représenté par les dispositifs et méthodes qui permettent d’analyser l’impact de l’entreprise, sur un domaine d’impact ou sur une activité en particulier. Concernant les domaines d’impact, on y retrouve les dispositifs et méthodes qui se focalisent sur l’impact environnemental de l’entreprise ainsi que les dispositifs et méthodes qui se focalisent sur l’impact social de l’entreprise. Concernant les activités, on peut évoquer les dispositifs et méthode de l’analyse d’impact du numérique. Nous avons également classé dans cette catégorie l’analyse de durabilité et de régénération telle qu’elle se pratique aujourd’hui.
Toutes ces analyses peuvent ensuite être mobilisées dans des dispositifs qui proposent une lecture globale de l’impact de l’entreprise. On retrouve à ce niveau les scores globaux d’entreprise, les labels et évaluations RSE, le reporting extra-financier ou la comptabilité extra-financière.
Enfin, au niveau supérieur, on retrouve les dispositifs qui relient les entreprises aux enjeux plus globaux, plus systémiques, présents à l’échelle globale de l’humanité ou à une échelle régionale ou nationale.
Ainsi se constitue la chaîne de valeur de ces dispositifs, depuis la mesure unitaire jusqu’à l’intégration dans les enjeux globaux.
Nous avons associé à chaque catégorie un numéro qui correspond à quelques détails près à l’ordre dans lequel nous les avons abordés dans notre dernier article. Cet ordre est également celui qui sera sans doute utilisé dans notre étude de ces dispositifs et méthodes. Comme vous pouvez le constater, l’ordre est inverse de celui que nous venons de décrire. Il remonte donc la chaîne de valeur, depuis les enjeux globaux jusqu’aux éléments les plus détaillés qui permettent la mesure, c’est-à-dire depuis la raison d’être de l’analyse jusqu’à ce qui la rend concrètement possible.