L’échelle de maturité de la permaentreprise
Notre précédent article nous a permis de présenter plusieurs échelles de maturité de l’entreprise régénérative. Nous aurions également pu intégrer à cette liste “l’échelle de l’entreprise responsable” présentée par Sylvain Breuzard dans son livre La permaentreprise. Sylvain Breuzard est le PDG et fondateur de Norsys, une ESN de 600 personnes située près de Lille. Il est également président du conseil d’administration de Greenpeace France. Sylvain Breuzard est à l’origine du concept de permaentreprise, un modèle de développement des entreprises qu’il met en œuvre au sein de Norsys. Comme son nom l’indique, ce modèle s’inspire de la permaculture, dont il transpose les principes dans l’entreprise. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce modèle dans un prochain article. Nous voulions juste souligner ici que dans son livre, Sylvain Breuzard présente une “échelle de l’entreprise responsable”, qui mérite d’être mise en regard de celles présentées dans notre précédent article.
L’échelle de Sylvain Breuzard comporte 5 niveaux, comme indiqué ci-dessous :

L’échelle est posée sur un niveau 0 qui représente les entreprises uniquement préoccupées par la finalité économique. Ces entreprises se contentent de respecter les lois, sans engagement social ou environnemental qui irait au-delà.
Le premier niveau de l’échelle concerne les entreprises qui ont initié une démarche RSE tout en gardant comme priorité l’objectif financier.
Le deuxième niveau concerne les entreprises qui ont défini une raison d’être pour accentuer leur engagement RSE mais tout en gardant l’objectif financier comme prépondérant.
Le troisième niveau concerne les entreprises engagées dans une démarche de performance globale, telle que définie notamment par le CJD, ce qui les invite à chercher l’équilibre entre les finalités économique, sociale et environnementale.
Le quatrième niveau concerne les entreprises qui ont la qualité de société à mission, ce qui les oblige à contractualiser leurs engagements d’intérêt général, qu’ils soient sociaux ou environnementaux, à se soumettre à un audit externe et à communiquer sur les résultats de cet audit.
Enfin, le cinquième et dernier niveau concerne les permaentreprises. Celles-ci doivent s’engager sur les 3 principes éthiques de la permaculture : prendre soin des humains, prendre soin de la Terre, se limiter et distribuer les surplus. Elles s’engagent ainsi “à répondre à des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux centrés sur l’amélioration des conditions d’existence des êtres humains sur Terre. La mise en œuvre de ces engagements est auditée et communiquée.”

Le modèle de la permaentreprise est très proche de celui de l’entreprise à visée régénérative. L’échelle de Sylvain Breuzard est très intéressante parce qu’elle positionne et compare entre eux des concepts clés de la transformation soutenable des entreprises.